Ibn Taymiyya : 5. L’obéissance aux autorités

Mardi 18 janvier 2011, , 590 visites

Ibn Taymiyya fut-il un révolutionnaire poussant au tyrannicide ? D’aucuns le pensent et c’est d’autant plus regrettable qu’il suffirait de se rappeler sa maîtrise et son respect de la tradition prophétique pour exclure qu’il ait jamais pu se départir de la modération de celle-ci, en matière d’obéissance aux autorités comme en d’autres.

Mais que savent exactement de lui ses détracteurs et les extrémistes se réclamant de son nom ?

Quels écrits lisent-ils en dehors des fetwas dans lesquels il appela à résister à l’envahisseur mongol ? Aux amoureux de la vérité incombe donc le devoir de rendre plus de textes taymiyyens directement accessibles, pour que le Shaykh de l’Islam assure lui-même sa défense ou, par ailleurs, désavoue clairement les ultras le revendiquant comme leur saint patron.

Le Minhāj al-sunnat al-nabawiyya – La voie de la tradition prophétique d’Ibn Taymiyya a pour premier objectif de réfuter le Minhāj al-karāma fī ma‘rifat al-imāma – La voie du charisme, s’agissant de la connaissance de l’imāmat composé par le théologien shī‘ite al-Ḥillī pour l’Īlkhān mongol Öljaytū (m. 716/1316).

Déconstruction systématique de l’absolutisme imāmite en matière de gouvernance comme de dogme.

Déconstruction systématique de l’absolutisme imāmite en matière de gouvernance comme de dogme, il s’oppose à toute forme d’obéissance inconditionnelle à des autorités humaines, quelles qu’elles soient, et appelle au tabayyun vis-à-vis de chaque ordre venant d’elles, c’est-à-dire à « faire la clarté » sur sa légitimité ou son illégitimité au regard de la religion, ainsi que recommandé dans le Coran, al-Ḥujurāt - XLIX, 6.

Ibn Taymiyya y prône à la fois l’esprit critique et la patience, le discernement et la pondération, le rejet du despotisme et de l’injustice et le refus du radicalisme et de la révolte armée.

De l’objection de conscience et de la désobéissance civile éclairées par la foi à, d’autre part, une anathémisation du pouvoir pervers, ignorant, injuste, et à un soulèvement contre lui, il y a cependant un pas qu’Ibn Taymiyya se refuse à franchir. Il n’ignore pas qu’une version du fameux ḥadīth de l’allégeance au Prophète pourrait permettre de disputer le commandement à ceux qui l’exercent en cas de « mécréance flagrante » (kufr bawāḥ) de leur part, divinement prouvée. Il connaît cependant trop bien les hommes pour imaginer qu’une insurrection provoque moins de fasād, ait des effets moins dommageables pour la société que l’injustice du pouvoir ainsi contesté.
Les quatre extraits du Minhāj traduits ci-dessous sont empreints du même réalisme et fidèles aux sources scripturaires de l’Islam. Associant l’une à l’autre la soumission aux autorités et l’obéissance à Dieu et au Messager, Ibn Taymiyya y prône à la fois l’esprit critique et la patience, le discernement et la pondération, le rejet du despotisme et de l’injustice et le refus du radicalisme et de la révolte armée.

TRADUCTIONS :

A. Obéir à l’autorité perverse et ignorante ?

Les gens ont controversé au sujet du détenteur du commandement
(walī l-amr) pervers (fāsiq) et ignorant (jāhil)

Est-il à obéir en ce qu’il commande comme obéissance à Dieu ? Son jugement (ḥukm) et son décret (qasm) sont-ils à exécuter lorsqu’ils correspondent à la justice (‘adl) ? Ou bien ne sera-t-il obéi en rien et n’exécutera-t-on aucun jugement, aucun décret de lui ? Ou, encore, fera-t-on une distinction à ce sujet entre l’imām majeur (al-imām al-a‘ẓam) et le cadi, et autres subdivisions
semblables ? Trois choses ont dès lors été dites dont la plus faible, pour les gens de la Sunna, [propose] le rejet de l’ensemble de ses commandement, jugement et décret tandis que la plus correcte, pour les gens du ḥadīth et les imāms des juristes (faqīh), en est la première, à savoir qu’il sera obéi dans l’obéissance à Dieu, de manière absolue, et que son jugement et son décret seront exécutés lorsque le faire est justice, de manière absolue – selon ce qui est ainsi dit, même le cadi ignorant et injuste, son jugement conforme à la justice et son décret conforme à la justice sont à exécuter ainsi que la plupart des juristes le disent.

La troisième chose dite consiste à faire une distinction entre l’imām majeur et les autres étant donné que celui-là, il n’est possible de le destituer (‘azl), lorsqu’il est pervers, que par un combat (qitāl) et des dissensions (fitna) ; à la différence d’un juge (ḥākim) et de ses pareils, qu’il est possible de destituer
sans cela. C’est cependant un distinguo faible.

En effet, lorsqu’un juge est investi de [son] autorité par le détenteur de la force armée (dhū l-shawka), il n’est possible de le destituer qu’avec des dissensions.

Or, quand s’activer pour le destituer est quelque chose de plus corrupteur [pour la communauté] que ne l’est son maintien [dans sa charge], il n’est pas permis de provoquer la plus grave de deux situations de corruption afin d’en repousser la moindre. Et ainsi en va-t-il aussi de l’imām majeur.

Voilà pourquoi ce qui est bien connu de la doctrine des gens de la Sunna, ainsi que l’indiquent les ḥadīths authentiques provenant en abondance du Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! –, c’est qu’ils ne sont pas d’avis de se soulever contre les imāms, non plus que de les combattre de l’épée, quand bien même il y a en eux de l’injustice. La corruption [des affaires des Musulmans] en cas de combat et de dissension est en effet plus grave que ce lle provenant de leur injustice sans combat ni dissension. On ne repoussera donc la plus grave de deux situations corrompues qu’en s’en tenant à la moins
grave. Sans doute ne peut-on pas avoir connaissance d’un groupe qui se soit soulevé (kharaja ‘alā) contre un détenteur de puissance (sulṭān) sans qu’il y ait eu en son soulèvement des facteurs de corruption plus graves que la situation corrompue qu’il fit cesser.

Le Dieu Très-Haut n’a pas commandé de combattre de n’importe quelle manière tout [individu] injuste et tout [individu] excessif (bāghin). Il n’a pas non plus commandé de combattre les [gens] excessifs dès le départ. Il a bien plutôt dit : « Si deux factions de croyants se combattent, réconciliez-les. Si l’une des deux se fait excessive au détriment de l’autre, combattez l’excessive jusqu’à ce qu’elle revienne à l’ordre de Dieu. Si elle revient, réconciliez-les dans la justice.  » Il n’a donc point commandé de combattre les excessifs dès le départ ; comment dès lors commanderait-Il de combattre les détenteurs du commandement dès le départ ?

Dans le Ṣaḥīḥ de Muslim [il est rapporté] d’après Umm Salama – Dieu soit satisfait d’elle ! – que le Messager de Dieu a dit – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! : « Il y aura des émirs. Vous trouverez [inacceptables certaines de leurs actions] et vous en réprouverez [d’autres]. Celui qui en trouvera [certaines
inacceptables] sera innocent [de tout blâme]. Celui qui en réprouvera s’en sortira indemne. Quant à celui qui s’[en] satisfera et [les] suivra… ?!
 » – « Ne les combattrons-nous pas ? » dirent d’aucuns. « Non, » répondit-il, « aussi longtemps qu’ils prient. »

Le Messager de Dieu – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – prohiba de les combattre alors même qu’il [nous] informait qu’ils commettraient des affaires répréhensibles (munkar).

Il montra donc qu’il n’est pas permis de les réprouver de l’épée ainsi que le pensent ceux qui combattent les détenteurs du commandement – les Khārijites, les Zaydites 6, les Mu‘tazilites, un groupe des juristes et d’autres.
Dans les deux Ṣaḥīḥs, [il est rapporté] d’Ibn Mas‘ūd – Dieu soit satisfait de lui ! – qu’il a dit : « Le Messager de Dieu – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – nous a dit : « Après moi, vous verrez du favoritisme (athara) et des affaires que
vous réprouverez.
 » D’aucuns dirent : «  Que nous commandes tu donc, ô Messager de Dieu ?  » Il répondit : «  Vous honorerez le droit [que vos dirigeants ont] sur vous et vous demanderez à Dieu [d’honorer] celui que vous avez.  » Le Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – [nous] a informés que les émirs seraient injustes et feraient des affaires répréhensibles.
Malgré cela, il nous a commandé de leur reconnaître le droit qu’ils ont [sur nous] et de demander à Dieu [d’honorer] celui que nous avons.

Il ne nous a pas autorisés à arracher le droit [qui est nôtre] en combattant et il ne [nous] a pas permis de négliger le droit qu’ils ont [sur nous].

Dans les deux Ṣaḥīḥs, [il est rapporté] à propos du Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! –, d’après Ibn ‘Abbās – Dieu soit satisfait de lui ! –, qu’il a dit : « Celui qui voit chez son émir une chose qu’il déteste, qu’il soit patient à
son égard ! Qui se sépare d’un empan de la communion [des croyants] (jamā‘a) et meurt meurt d’une mort de l’Âge de l’Ignorance.
 » Et dans une [autre] formulation : « Qui se soustrait d’un empan au pouvoir (sulṭān) et meurt meurt d’une mort de l’Âge de l’Ignorance  » – cette formulation est d’al-Bukhārī.
On a cité antérieurement ce qu’il a dit – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – quand il a évoqué le fait que [des imāms] ne se conduiraient pas selon sa guidance et ne suivraient pas sa Sunna. Ḥudhayfa de dire alors : « Comment ferais-je, ô Messager de Dieu, si je vis cela ?  » Il répondit : «  Tu écouteras
l’émir et tu lui obéiras. Même si on te bat le dos et prend ton bien, écoute et obéis !
 »

Ainsi est-il commandé d’obéir alors même que l’émir est injuste.

On a aussi cité, antérieurement, ces dires [du Prophète] – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! : « Celui sur qui autorité est donnée à quelqu’un et qui voit celui-ci commettre quelque chose relevant de la désobéissance à Dieu, qu’il déteste ce qu’il commet comme désobéissance à Dieu et ne renonce pas à lui
obéir.
 » Ainsi est-il prohibé de se soustraire au pouvoir (sulṭān) même s’il désobéit [à Dieu].

On a aussi cité, antérieurement, le ḥadīth de ‘Ubāda : « Nous avons prêté allégeance au Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et lui donne la paix ! – en prenant les engagements suivants : écouter et obéir quand cela nous plaît et quand nous le détestons, quand cela nous est difficile et quand cela nous est
facile, ainsi qu’en cas de favoritisme à notre détriment ; ne pas disputer le commandement à ceux qui l’exercent (ahl)…
 » [Et le Prophète] d’ajouter : « … à moins que vous voyiez de la mécréance flagrante (kufr bawāḥ), concernant laquelle6 vous tenez de Dieu une preuve (burhān). » Et, dans une autre version
 : «  … dire – ou assumer – la Vérité où que nous soyons ; n’avoir peur, s’agissant de Dieu, du blâme de personne.  » Ainsi est-il commandé d’obéir alors même que celui qui assume le commandement favorise (isti’thār) [certains au détriment d’autres] – ce qui est, de sa part, de l’injustice (ẓulm). Il a aussi prohibé de disputer le commandement à ceux qui l’exercent ; ainsi est-il prohibé de se soulever contre eux, parce que ceux qui l’exercent sont les détenteurs du commandement à qui il a commandé d’obéir – à savoir ceux qui ont un pouvoir (sulṭān) grâce auquel ils commandent. Celui dont on veut parler
ici, ce n’est pas quelqu’un qui mériterait d’être investi [du commandement] mais n’aurait pas de pouvoir (sulṭān), non plus que quelqu’un investi [du commandement qui serait] juste. [Le Prophète] a en effet mentionné qu’ils favorisent [certains au détriment d’autres].

Il a donc indiqué qu’il est prohibé de disputer [l’autorité du] détenteur du commandement même s’il favorise [certains au détriment d’autres].

Et ceci est un vaste sujet.

B. Obéir dans l’obéissance à Dieu

Les [Sunnites] ne rendent pas obligatoire d’obéir à l’imām en tout ce qu’il commande.

Bien plutôt même, ils ne rendent obligatoire de lui obéir qu’en ce en quoi il est permis de lui obéir dans la Loi (sharī‘a).

Ils ne permettent donc pas de lui obéir dans la désobéissance à Dieu, même s’il s’agit d’un imām juste (‘ādil). Quand il leur commande d’obéir à Dieu, ils lui
obéissent – il leur commande par exemple de célébrer la prière et de donner l’aumône, d’être véridiques et d’être justes, [d’accomplir] le pèlerinage et de mener le jihād sur le chemin de Dieu. En réalité, [alors], ils obéissent seulement à Dieu.
Quand le mécréant et le pervers commandent quelque chose constituant un acte d’obéissance à Dieu, obéir à Dieu n’a pas été prohibé et l’obligation de [Lui obéir] ne tombe pas du [seul] fait que c’est ce pervers qui l’a commandé. Ainsi aussi, quand il parle de quelque chose de Vrai, il n’est pas permis de le traiter
de menteur et l’obligation de suivre le Vrai ne tombe pas du [seul] fait que c’est un pervers qui l’a dit. Les gens de la Sunna n’obéissent pas de manière absolue aux autorités en charge de leurs affaires (wulāt al-umūr) : ils leur obéissent seulement dans le cadre de l’obéissance au Messager – Dieu prie sur lui et lui donne la paix !

Le Très-Haut de dire ainsi : « Obéissez à Dieu, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. »

Il a commandé d’obéir à Dieu de manière absolue et Il a commandé d’obéir au Messager parce qu’il ne commande que d’obéir à Dieu – « Quiconque obéit au Messager obéit à Dieu. » Il a [par ailleurs] inclus en cela l’obéissance aux détenteurs du commandement : Il a dit « … et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement » sans mention, vis-à-vis d’eux, d’une troisième [sorte d’]obéissance. Le détenteur du commandement n’est en effet pas obéi d’une obéissance absolue : il est seulement obéi en ce qui est convenable
(ma‘rūf) ainsi que le Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – l’a dit : « Il n’y a d’obéissance qu’en ce qui est convenable.  » Il a aussi dit : « Pas d’obéissance dans la désobéissance à Dieu  » et « Pas d’obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur.  » Et encore : « Celui qui vous commande de désobéir à Dieu, ne lui obéissez pas ! »

C. Faire la clarté sur toute chose

On pourrait supposer que, pour toute [personne] investie d’une autorité (mutawallī), une condition à remplir est d’être juste (‘adl), nul n’étant obéi sinon quelqu’un qui a de la justice, non pas quelqu’un qui est injuste. On le sait pourtant, la condition de justice à remplir par les autorités n’est pas plus grande que celle à remplir par les témoins. Un témoin peut informer de quelque chose qu’il ne sait pas. Si donc il n’a pas de justice, on ne saura pas s’il est véridique en ce à propos de quoi il informe.
Quant au détenteur du commandement, il donne un commandement
dont on connaît le statut (ḥukm) à partir d’autre chose ;
on saura donc si ce [commandement] est obéissance ou désobéissance
à Dieu. Voilà pourquoi le Très-Haut a dit : « Si un pervers vient vers vous avec quelque nouvelle, tirez-la au clair (fa-tabayyanū). » Il a donc commandé de faire la clarté (tabayyun) quand le pervers vient avec quelque nouvelle.
On le sait, être injuste n’empêche ni d’accomplir une action d’obéissance, ni d’en commander une. Ceci est une des choses sur lesquelles les Imāmites sont d’accord. Ils ne parlent en effet pas d’éternisation des auteurs de grands péchés dans le Feu. Selon eux, être un pervers ne réduit pas à rien toutes les bonnes actions, à la différence de ceux qui ont un avis opposé à ce propos – les Zaydites, les Mu‘tazilites et les Khārijites, lesquels disent qu’être un pervers réduit à rien toutes les bonnes actions.
Si cependant toutes les bonnes actions d’un [pervers] étaient réduites à rien, sa foi serait réduite à rien ; et si sa foi était réduite à rien, ce serait un mécréant, un apostat, et il faudrait donc le tuer.

Les textes du Livre, la Sunna et le consensus l’indiquent, le fornicateur, le voleur et le calomniateur ne sont pas tués mais subissent la peine [cannonique] (ḥadd). Ceci indique que ce ne sont pas des apostats. Ainsi en va-t-il aussi de ces dires du Très-Haut : « Si deux factions de croyants se combattent,
réconciliez-les…
 » et le [reste du] verset : ils indiquent l’existence de la foi et de la fraternité alors même qu’il y a combat et excès.

D. « Soixante ans avec un imām tyrannique… »

Les gens de la Sunna informent de ce qui a eu lieu (wāqi‘) et commandent ce qui est obligatoire (wājib). Ils témoignent de ce qui a eu lieu (waqa‘a) et ils commandent ce que Dieu et Son Messager commandent. Ce furent ces [dirigeants umayyades et ‘abbāsides], disent-ils, qui assumèrent l’autorité8 (tawallā) et eurent une puissance (sulṭān) et un pouvoir (qudra) grâce auxquels
ils furent capables de [mettre en oeuvre] les objectifs de l’exercice de l’autorité (maqāṣid al-wilāya) : mettre à exécution les peines (ḥadd), partager les richesses (qasm al-amwāl), attribuer les positions d’autorité (tawliyat al-wilāyāt), mener le jihād contre l’ennemi, célébrer le pèlerinage, les fêtes et la
prière du vendredi, et autres objectifs de l’exercice de l’autorité.

Les [Sunnites] disent par ailleurs qu’il n’est pas permis d’obéir à un de ces [dirigeants], de leurs députés et alii dans la désobéissance à Dieu.

Bien plutôt, on s’associera à lui en ce qu’il accomplit comme acte d’obéissance à Dieu : on mènera avec lui des raids contre les mécréants, on priera avec lui le vendredi et les deux fêtes, on accomplira le pèlerinage avec lui, on l’aidera à mettre les peines à exécutions, à commander le convenable (ma‘rūf) et à interdire le répréhensible (munkar), etc. On aidera donc les [autorités] dans la piété et la crainte [de Dieu] ; on ne les aidera pas dans le péché et l’hostilité.

Les [Sunnites] disent aussi que d’autres que [les Umayyades et les ‘Abbāsides] assumèrent l’autorité.

À l’ouest, elle fut assumée par un groupe d’Umayyades et par un groupe de ‘Alīdes. On le sait, les gens ne sont bons (ṣalaḥa) que grâce à des autorités (wālī). Si l’autorité était assumée par des [dirigeants] inférieurs à ces rois injustes, cela vaudrait encore mieux [547] que ne pas en avoir. Ainsi dit-on : « Soixante ans avec un imām tyrannique (jā’ir) valent mieux qu’une nuit sans imām.  »

Traduction par Yahya M. MICHOT (Hartford, Muḥarram 1431 - Déc. 2009)