Al-Hassan Al-Basri

Jeudi 18 novembre 2010, , 1000 visites

Al-Hassan al-Basrî (arabe : الحسن البصري), de son vrai nom Abu Sa`îd al-Hassan ibn Abi al-Hassan Yassar al-Basrî, est né en 642 à Médine sous le califat de Omar ibn al-Khattab. Ses parents étaient d’origine perses. Il est connu pour son savoir, son ascèse, et pour avoir transmis nombre de hadiths. Il mourut en 729 (110 A.H.), ou selon une autre version en 737.

Son père, Yassar — appelé plus tard Abu al-Hassan (père de Hassan) — était un propriétaire de terrains au Khuzestan, une province Perse. Il fut pris captif lors d’une expédition militaire du second calife de l’islam, Omar ibn al-Khattâb, et ramené à Médine avec sa famille. Il y devint l’esclave de Zayd ibn Thabit et sa femme, Khayra, devint l’esclave de Oum Salama, une des femmes du prophète Muhammad (sAws). Ils leur rendront leur liberté plus tard.

À sa naissance on rapporte que Hassan al-Basri fut amené à Omar ibn al-Khattab qui lui fit le tahnîk tout en implorant Allah de le rendre sage dans la religion et aimé des hommes. Oum Salama allaita al-Hassan si bien que les gens pensaient que la hikma et les connaissances acquises par al-Hassan al-Basri étaient dû à sa rencontre avec Omar et l’allaitement d’Oum Salama. Il est donc un tabi’în [1].

Al-Hassan est très présent dans les transmissions de hadith, puisqu’il transmit plus de 1 400 hadiths dans neuf recueils de hadiths. Les muhaddithûn pensent qu’il ne rapporta rien de Abu Hurayra directement, alors qu’ils sont partagés pour savoir s’il rapporta des narrations d’Ali ibn Abi Talib : l’imam Ahmad considéra que oui car il est prouvé qu’il transmit un hadith commençant par "Ali me dit..." ; de même l’imam al-Suyuti et le shaykh Ahmad al-Ghumari qui citent des chaînes de transmission (isnâd) prouvant ces narrations directes depuis Ali. ’Abd al-Razzaq as-san’ani rapporte même que Ali suivit une fois une recommandation de al hassan pour rendre un jugement. Al-Bazzar dans son musnad liste les compagnons desquels Al-Hasan narra des récits ou non.

Les élèves de Al Hassan (par exemple Abd al-Wahid ibn Zayd) étaient si pieux et ascètes qu’ils créèrent des centres de dévotions à Bassora qui fera la renommée de cette ville comme le dira plus tard Ibn Taymiyya que « l’origine du tasawwuf est Bassorah », tasawwuf dont les principes reposaient sur le Coran et la Sunna exclusivement.

Il était connu pour son ascétisme et sa piété, à tel point qu’il disait :

« Le cœur qui aime Allah, aime la fatigue et préfère la souffrance. Il est hors de question que celui qui préfère le repos obtienne le paradis. Celui qui aime (ce qu’il y a auprès d’Allah) sera généreux avec lui-même si il est sincère, et il abandonnera les souhaits, car ils sont l’arme des stupides. »

Il disait :

- " Satisfaire le besoin d’un frère musulman m’est préférable à une retraite spirituelle d’un mois !"
- Un homme le questionna au sujet du bon comportement. Il répondit : "C’est la générosité, le pardon et la tolérance."
- Si ALLAH, Puissant et Grand, avait voulu, IL aurait fait de vous des gens riches sans aucun pauvre parmi vous, et s’IL avait voulu, IL aurait fait de vous des gens pauvres sans aucun riche parmi vous. Mais, Il a voulu vous éprouver les uns par les autres, afin de voir votre comportement, puis Il a indiqué à Ses serviteurs les vertus morales en leur disant :
"Ils les préfèrent à eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. Et quiconque se garde de sa propre avidité, les voilà alors ceux qui réussissent !" (Coran, 59/9)
- Nous considérions comme avare celui qui prêtait de l’argent à son frère (c’est-à-dire : qui n’était pas assez généreux pour lui donner). Je jure par ALLAH qu’il y avait, parmi ceux que j’ai vu et fréquenté, celui qui déchirait sa cape et donnait la moitié à son frère, et qui gardait ce qui en restait . Certes, il y avait avant vous, celui qui jeûnait, et qui, au moment de rompre son jeûne, allait chez l’un de ses frères et lui disait : "aujourd’hui j’ai jeûné pour ALLAH , et je veux, si ALLAH l’accepte de moi, que tu en ais une part (en me donnant de quoi rompre mon jeûne). La personne lui apportait alors ce qu’elle avait en eau et en dattes et il rompait son jeûne avec cela, désirant ainsi lui faire acquérir une récompense, même s’il pouvait se passer de ce que ce dernier possédait."
- "J’ai vécu à l’époque de personnes parmi lesquelles il y avait celui qui remplaçait son frère auprès de la famille et des enfants de ce dernier, durant quarante ans après sa mort (c’est-à-dire : leur assurait leur subsistance) !"