Les différentes positions doctrinales concernant les Attributs d’Allah dans le Coran et la Sunna (4ème et Dernière Partie)

Tiré de la Risâlat Al-`Aqâ’id de Hassan al Banna

Mardi 27 septembre 2011, , 295 visites

La différence entre les premières générations et les générations suivantes concernant ces versets et ahâdîth

A présent tu sais que la position des premières générations au sujet des versets et ahâdîth relatifs aux attributs d’Allah - Exalté soit-Il - est de les prendre comme ils sont, et de s’abstenir de les interpréter ou de leur donner un sens métaphorique, tandis que les générations suivantes leur ont donné des sens métaphoriques qui écartent l’anthropomorphisme et évitent tout soupçon de comparaison entre Allah et Ses créatures. Tu sais également que la dispute entre les deux camps était tellement intense qu’ils ont eu recours à des accusations extrémistes et biaisées.

Leurs positions peuvent être résumées ainsi :

1) Les deux tendances se sont mises d’accord sur la doctrine du tanzih (l’élimination [de la souillure de l’attribution de caractéristiques anthropomorphiques] et par conséquent de la mukhalafa (l’affirmation du caractère incomparable d’Allah et de la différence fondamentale entre Ses qualités et les qualités des êtres humains qui sont similairement nommées)

2) Chaque tendance a affirmé que ce que ces mots dénotent quand ils sont utilisés en référence à Allah - Exalté soit-Il - , n’est pas le sens littéral qui est utilisé en référence aux êtres humains. Ceci découle de leur accord au sujet de la non-ressemblance d’Allah - Exalté soit-Il - [à Ses créatures].

3) Chacune des 2 tendances a compris que les mots visent à exprimer des sentiments dans le cœur ou à faire référence à des choses matérielles qui sont significatives pour les utilisateurs de chaque langue ; et qu’aucune langue, aussi riche soit-elle, ne peut inclure des expressions à propos d’objets inconnus de ses locuteurs. Puisque les éléments relatifs à l’essence d’Allah - Exalté soit-Il - sont inaccessibles à la connaissance humaine, il donc est impossible qu’une langue puisse les exprimer. Par conséquent essayer de définir catégoriquement le sens de ces mots est une perte de temps.

Il a donc été démontré que les salafs (premières générations) et les khalafs (générations suivantes) se sont accordés sur le principe de l’explication métaphorique et que la différence entre eux était limitée au fait que les khalafs ont été plus enclins à expliquer le sens recherché. Ils étaient forcés de le faire afin de mettre l’accent sur la nécessité d’éliminer à propos d’Allah toute croyance anthropomorphiste. Leur but était de protéger les musulmans ordinaires d’une telle conception erronée. Par conséquent les différences entre les 2 tendances ne justifient pas de disputes ni de récriminations.

Nous croyons que la position des salafs (premières générations), qui était de s’abstenir de s’interroger sur le sens des attributs d’Allah - Exalté soit-Il - et de laisser l’explication de leur sens à Allah - Exalté soit-Il - , est plus prudente et devrait être suivie afin d’éviter les problèmes résultant de l’interprétation métaphorique d’une part, et de l’annullation des attributs d’Allah - Exalté soit-Il - d’autre part. Si tu es un de ceux qu’Allah - Exalté soit-Il - a gratifiés de la tranquillité de la foi et dont les cœurs ont été bénis par la sérénité de la certitude, tu n’as pas besoin de rechercher d’autres positions.

Mais d’un autre côté, nous croyons que les interprétations métaphoriques des khalafs (générations suivantes) ne justifient pas un quelconque jugement à leur encontre d’être sorti de l’islam ou d’avoir dévié de la voie droite, ni cela ne justifie-t-il la longue dispute entre eux et les autres par le passé et à l’heure actuelle, car l’islam est suffisamment vaste et étendu pour tous les accommoder. Même les adhérents les plus inconditionnels de la position des premières générations, qu’Allah soit satisfait d’eux, ont été forcés à avoir recours à l’interprétation métaphorique dans de nombreux cas.

L’imam Ahmad Ibn Hanbal, par exemple, qu’Allah soit satisfait de lui, a donné une interprétation métaphorique au hadîth du Prophète, - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - , dans lequel il a dit :

La Pierre Noire (de la Ka’ba) est la main droite d’Allah sur terre

et la parole du Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - :

Le coeur du croyant est entre deux des doigts du Tout Miséricordieux

et la parole du Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - :

Je sens le souffle du Tout Miséricordieux en provenance de la direction du Yémen

Je suis tombé sur une parole de l’imam an-Nawawi, qu’Allah soit satisfait de lui, qui restreint la différence entre les deux positions à un tel degré qu’il ne devrait rester aucune place pour les disputes ou les controverses, d’autant plus que les générations suivantes ont établi comme condition pour leurs explications métaphoriques qu’elles soient rationnellement acceptables, et qu’elles soient en accord avec la sharî’a et n’aillent pas à l’encontre d’un des fondements de l’islam.

Ar-Râzi a dit dans ‘Asas ul Taqdis’ :

« Dans les cas où nous approuvons l’interprétation métaphorique, nous n’entrons pas dans trop de détails, et dans les cas où nous n’approuvons pas l’interprétation métaphorique, nous laissons l’explication à Allah - Exalté soit-Il - . C’est la règle générale et obligatoire concernant les textes équivoques (mutashabihât) (dans le Qur’an et le Hadîth), et le succès ne vient que d’Allah - Exalté soit-Il . »

La conclusion est que les premières générations et les générations suivantes se sont accordées sur le fait que ce qui est désigné par ces "mutashabihât" n’est pas leur sens littéral comme il est communément compris par les gens. Ceci par conséquent équivaut au ta’wil (interprétation métaphorique) d’une manière générale. Il se sont également mis d’accord sur le fait qu’une interprétation métaphorique qui va à l’encontre des fondamentaux de la shari’ah est inadmissible.

Le désaccord était ainsi limité à la question d’interpréter ou non en accordance avec ce qui est compatible avec la sharî’ah, et ce n’est pas une différence fondamentale comme tu peux le voir. L’interprétation métaphorique était une approche à laquelle ont eu recours certains salafs eux-mêmes. L’objectif le plus important vers lequel les efforts des musulmans devraient être dirigés à présent devrait au contraire être celui visant à unifier les rangs et à parler avec une seule voix chaque fois que l’opportunité se présente.

D’Allah - Exalté soit-Il - nous dépendons et en Lui nous plaçons notre confiance.

Note :
(L’imam n’a jamais complété cette épître, en raison de son assassinat en 1949, un véritable témoignage de son engagement.)