L’imam An Nawawi

Dimanche 27 mai 2018, par Sarrazins, 30 visites

Yahya Ibn Sharaf al-Nawawi est l’un des savants de l’islam les plus reconnu et apprécié de l’histoire. Juriste majeur de l’école shafeite, il est encore aujourd’hui lu d’un bout à l’autre du monde, notamment pour ses ouvrages traitant du hadith.

Né en 631 de l’hégire (1233) dans la ville de Nawa en Syrie, le jeune et futur savant apprend déjà très tôt les rudiments de l’islam auprès des doctes de sa région. À 18 ans, il est ainsi à Damas dans les plus prestigieuses écoles. Là-bas, il y étudie les œuvres d’Al Ghazali, comme celles de Fakr ad Din Ar Razi et Ash Shirazi. Aussi, il apprend par cœur les recueils de hadiths de Muslim, Ahmad comme celui d’Al Bukhari. Damas étant à ce moment le fief des Shaféites, c’est aussi selon les règles du madhab d’Ash Shafi’i qu’il se fait sa culture juridique.

À 30 ans seulement, il écrivait déjà ses premiers ouvrages. Parmi ses principaux livres, peut-on citer en autre al-Majmu’ sharh al-Muhadhdhab, un manuel de jurisprudence shafeite d’ailleurs traduit en français à la fin du 19ème siècle. Il sera aussi derrière un célèbre commentaire du Sahih de l’imam Muslim, Al minhaj bi sharh Sahih Muslim. Mais c’est surtout pour deux œuvres en particulier que l’imam marquera l’histoire, toute deux traitant du hadith : al-arbaʿīn al-nawawiyya, et Ryadh as Salihin. Le premier titre sera traduit dans la plupart des langues parlées dans le monde musulman ; en France, l’œuvre est connue sous le nom des 40 hadiths d’An Nawawi. Le second titre est tout simplement l’un des recueils de hadiths les plus diffusés et étudiés, très apprécié pour sa classification et son volume moins conséquent que les ouvrages de Muslim et Al Boukhari.

En 665 de l’hégire, il est désigné pour diriger la Dar al Hadith al Asrafiyya. École reconnue, il lui est alors versé un salaire qu’il se refuse à toucher, préférant sa vie d’ascète. Évoluant sous l’aire des Mamelouks, il entretiendra aussi plusieurs correspondances avec le sultan d’époque : Baybars. S’opposant à ses mesures économiques, touchant au foncier comme aux taxes, il provoquera d’ailleurs la colère du sultan qui avait alors appelé à lui couper ses vivres, mais ne les touchant déjà pas et adulé par les foules, l’imam An Nawawi ne fut nullement inquiété. Après une dernière confrontation, l’imam an-Nawawi s’était alors jurer de ne jamais plus entrer à Damas tant que Baybars y serait. Ironie du sort, le sultan Baybars mourra peu de temps plus tard, empoisonné…

Devenu le savant de son madhab, il aura été jusqu’à instaurer de nouvelles terminologies dans le fiqh, facilitant ensuite grandement la rédaction des avis juridiques propres à l’école. Comme la plupart des savants shafeites de son temps, ses travaux laissent transparaître une adhésion à l’école de croyance asharite. Nonobstant, il restera même parmi les cercles savants les plus littéralistes, ou hostiles au kalam, l’une des plus grande références de son époque.

De toute sa vie, à l’instar d’autres grands savants musulmans, il ne se mariera jamais. Prenant l’habitude de dormir la tête sur ses livres dans une petite chambre accolée à l’école qui l’avait reçu à son arrivée à Damas, il mourra très jeune, à peine âgé de 45 ans, juste après un voyage qui le mena de Jérusalem à sa ville natale.

Renaud K.

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