Extrait (N°1) | L’age d’or des sciences arabes

Dimanche 27 mai 2018, par Sarrazins, 49 visites

 » (…) C’est au contact des Perses que les bases de la médecine arabe vont émerger. Les centres d’études d’Alexandrie et Gundashipur passant sous autorité musulmane, les médecins sont appellés de toutes les contrées pour s’y réunir.

Georgius abu Bakhtishu, Chrétien nes-torien rédige ainsi l’un des premiers ouvrages de médecine arabe à ce moment. Traducteur, il l’est comme aussi bien d’autres médecins après lui, que ce soit Yuhanna Ibn Masawayh, médecin personnel du calife Harun ar Rashid, ou son disciple Hunayn ibn Ishaq. En méde-cine, ce dernier va rédiger un Nawasir al falasifa faisant de lui l’un des plus grands théoriciens de son temps et un précurseur en ophtalmologie. Insistant sur la nécessité de soigner tout le monde sans distinctions sociales, ethniques ou religieuses, il va aussi littéralement revivifier le serment médical hippocratique. Après lui, c’est l’Etat musulman même qui ira réclamer le dit serment (ahd buqrat) à quiconque devait exercer le métier.

Plus tard, de l’école des célèbres mécènes Banu Musa sortira Hubaysh ibn al Hasan, dont on dit qu’il fut le premier à introduire le massage cardiaque externe ; ou encore l’initiateur d’Ibn Sina, le dénommé Issa ibn Yahya. Al Kindi, le « philosophe des Arabes » sera lui le premier à mathématiquement fixer les doses des médicaments connus de son époque.

Les hôpitaux commencent aussi dès le 2nd siècle hégirien à se développer. Sur le modèle de l’hôpital de Gundishapur, le calife Al Walid al Malik faisait déjà construire un maristan (mot persan signifiant maison des malades) à Damas. Bagdad devenue la capitale du Califat, elle dispose très tôt de 8 hôpitaux, dont le plus grand, Al Adudi, pouvait dès lors se vanter d’avoir près de 80 médecins.

Construits près d’une mosquée et d’une école, comportant des services différents, les hôpitaux avaient alors généralement son espace réservé tant aux femmes qu’aux vieillards. Le califat de Cordoue en aura au 4ème siècle de l’hégire près de 40 sur l’ensemble de son territoire. Une ijaza à cette époque était délivrée à ceux qui en médecine réussissaient leur contrôle des connaissances.

En 320 de l’hégire (932G), le calife abbasside d’alors avait d’ailleurs dans un soucis d’excellence eu l’idée de contrôler quelques 880 médecins avant d’en expulser les plus médiocres. En ces hôpitaux, les soins étaient souvent gratuits pour qui n’avait pas les moyens, et à contrario, parfois très élevés pour les riches et fortunés. À Bagdad, s’établissent aussi les premières pharmacies quand des officines sont rapidement rattachées aux hôpitaux. On y trouve alors les remèdes et médicaments d’alors, directement à disposition du personnel soignant.

Dans le milieu médical de Bagdad, on reçoit de temps à autre Muhammad ibn Zakaria al Razi. Connu comme l’un des principaux chimistes de son temps, il l’est aussi pour avoir été le père de la médecine expérimentale. Il marqua encore son époque pour toute l’empathie qu’il avait d’ailleurs pour ses patients. Il interrogeait en effet minutieusement les malades, étudiait les symptômes, ceci au point qu’il est courant de le penser comme l’introducteur de la méthode clinique dans l’art médical. Il fut aussi le premier à user du mercure en médecine, à diagnostiquer la variole et la rougeole, à découvrir l’asthme allergique, et encore l’un des premiers à préconiser le bain froid en cas de brûlure. Excellant en chirurgie, il était dès lors capable d’opérer la cataracte ; excellent anatomiste, on trouve dans ses ouvrages d’admirables travaux sur la ramification des nerfs.

Faut-il préciser qu’il eut un excellent professeur en la personne d’Ali ibn Sahl Rabban al Tabari. Perse et juif converti à l’islam, cet homme est derrière l’une des premières encyclopédies médicales connues : Firdaous al Hikmah. Très innovant pour l’époque, l’ouvrage réparti en 360 chapitres traite tout autant de pédiatrie que de psychothérapie. Un autre grand médecin : l’embryologue et gynécologue Ali ibn al Abbas al Majusi. Lui aussi Perse converti à l’islam, cet homme né en 318 H (930) aura démontré entre autres que l’expulsion du fœtus est due aux contractions de l’utérus. Il rédige un Kitab al Malaki fi-tibb devenu un classique en Europe, que l’on pensa longtemps être celui de Constantin l’Africain, qui »oublia » de mentionner l’auteur premier lorsqu’il en fit une traduction.

Le célèbre Ibn Sina (Avicenne) va lui réaliser un notable Kitab al Qanum fi al tibb, en lequel il compila l’ensemble des maladies connues de son siècle. Ce livre servira d’ailleurs de base à l’enseignement de la médecine européenne jusqu’au siècle dernier. Ibn Sina marqua aussi le 5ème siècle de l’hégire en ayant su souligner toute l’importance des facteurs extérieurs dans le développement des maladies, pointant du doigt aussi bien l’alimentation que le climat. (…) »

La suite dans le 1er numéro de Sarrazins en vente ici :

https://www.sarrazins.fr/categorie-produit/boutique/

Voir en ligne : https://www.sarrazins.fr/extrait-la...