Et voilà comment la Palestine est devenue l’Etat des juifs...

Dimanche 1er novembre 2009, , 302 visites

La nation arabo-musulmane s’est réveillée le 27 octobre
passé pour apprendre la tentative de groupes de juifs d’envahir la
mosquée d’Al Aqsa à Jérusalem sous la protection de la police de
l’occupation. Elle s’est réveillée et s’est réassoupie, comme à son
habitude, dans une profonde torpeur. Les Palestiniens de Jérusalem et
de ses environs et les Palestiniens de 1948 ont immédiatement accouru
pour défendre la mosquée sacrée d’Al Aqsa avec pour seule arme leur
foi infinie dans la justice de leur cause. Ces hommes, femmes et
enfants, ont formé un barrage humain face aux colons et aux policiers
israéliens qui les protégeaient, en toute logique en leur qualité
d’instrument de l’Etat occupant. De leur côté, et comme d’habitude, la
Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique ont exprimé
leur inquiétude et répété les mêmes déclarations qui demeurent lettre
morte depuis des décennies.

Les attaques israéliennes contre les sites sacrés
arabo-musulmans ne s’arrêteront pas tant que la réaction se limitera
aux déclarations inutiles de plus de cinquante Etats musulmans. Il est
clair et sans exagération aucune, que même si on arrive un jour à un
règlement définitif avec les Israéliens, Jérusalem Est et Ouest sera
entre temps devenue la capitale éternelle du peuple juif, comme l’ont
toujours proclamé les fondateurs de l’Etat hébreu. A titre de simple
rappel, depuis la Nakba en 1948, Israël a détruit plus de 2.000
mosquées en Palestine et, en l’absence de toute opposition, poursuit
inlassablement tous les jours la violation des sites sacrés musulmans.
C’est ainsi qu’une nation qui a renoncé à son patrimoine sacré
encourage l’agression.

Tout le monde sait que le mouvement sioniste depuis sa
création à ce jour, utilise tous les moyens pour s’accaparer ce qui
reste de la terre arabe dans la Palestine historique en se fondant sur
la mystification de "la terre sans peuple pour un peuple sans terre",
après en avoir convaincu l’Occident soit-disant éclairé (Europe et
Etats-Unis). Mais nous assistons aujourd’hui à une accélération de
cette colonisation sous la direction du gouvernement d’extrême droite
et avec le soutien de fortunes juives du monde entier (mais où sont
les fortunes arabes ?), accélération qui se fait désormais au grand
jour pour imposer des faits accomplis sur le terrain et isoler
Jérusalem Est de son environnement palestinien. On se rappelle qu’en
réponse aux demandes des Etats-Unis de geler la colonisation sous
toutes ses formes y compris à Jérusalem Est, le Premier ministre
israélien avait déclaré que Jérusalem Est et
Ouest était la capitale éternelle de l’Etat hébreu et que cette
question ne pouvait faire l’objet d’aucune discussion.

Le mouvement sioniste ne cache pas son ambition de
mettre la main sur les terres arabes occupées depuis juin 67, telles
que le Golan arabe syrien. Et la formule de "la paix contre la paix"
que Netanyahu propose à la Syrie signifie que la paix sera concédée à
la Syrie en contrepartie du maintien de l’occupation du Golan. De même
que la formule de "la paix économique" proposée aux Palestiniens va de
pair avec la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie occupée
et à Jérusalem. Il n’est un secret pour personne que Ariel Sharon
avait étudié en 2003 la possibilité d’occuper la Jordanie et d’en
faire la patrie des Palestiniens en application du vieux projet
sioniste. Par ailleurs, Israël n’a jamais dissimulé ses relations
historiques avec la province du Kurdistan en Irak et continue
d’occuper les fermes de Shebaa au sud Liban.

Force est de constater l’existence d’une stratégie
sioniste visant à mettre la main sur les terres palestiniennes de la
Palestine historique pour modifier l’équilibre démographique en faveur
des juifs. Certaines informations indiquent qu’après le retrait
unilatéral de Gaza en août 2005, l’Etat sioniste a commencé à mettre
en oeuvre cette stratégie complexe par étapes : à l’issue du retrait,
la droite israélienne a senti qu’elle devait compenser les terres
"perdues" de la bande de Gaza et entamé une vaste opération de
colonisation qui s’est étendue, avec l’appui du gouvernement, à
l’intérieur de ce qu’on appelle la ligne verte. C’est ainsi qu’a été
créée une ville au coeur de Wadi ’Ara pour loger 150.000 colons juifs
extrémistes (Haridim) qui touchent des salaires de l’Etat sans être
soumis au service militaire. Et c’est ainsi également qu’une nouvelle
ville a été édifiée à côté du village de
’Ayn Mahel, à l’intérieur de la ligne verte, et que la ville juive de
Ksif a été construite dans le Naqab. En d’autres mots, Israël est en
train d’établir trois villes juives à l’intérieur de la ligne verte
sur les terres arabes, tandis que, depuis 1948, il n’a pas été créé un
seul village, et encore moins une seule ville, arabe.

Il faut prendre très au sérieux la validation de la
Knesset du projet de loi de Netanyahu et qui permettra pratiquement de
vendre tout ce qui reste des propriétés et des biens des réfugiés
palestiniens, d’imposer un fait accompli et d’interdire toute solution
éventuellement revendiquée par les Palestiniens qui comporterait le
droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres en 1948. A tous
ceux qui se fondent sur le droit international, nous rappelons que la
résolution 194 du Conseil de sécurité des Nations Unies consacre le
droit au retour et que l’Etat hébreu est devenu membre des Nations
Unies sur la condition de son acceptation de mettre en application les
résolutions 181 (partage de la Palestine) et 194. Soulignons que cet
Etat, qui méprise le droit international et se considère comme
au-dessus des lois, s’abstient d’appliquer plus de soixante
résolutions des Nations Unies alors qu’il a
été créé par une résolution de ces mêmes Nations Unies.

Le problème de la Palestine n’est pas le problème
du peuple palestinien, mais le problème de l’ensemble des Arabes, du
Golfe à l’Océan. Malheureusement, on constate que la nation arabe,
peuples et gouvernants, reste passive, et que face aux crimes
sionistes, les pays arabes se contentent de réagir au lieu d’agir. Et
c’est là que se trouve le principal problème. Aujourd’hui, 61 ans
après la Nakba palestinienne, il est de notre devoir de nous demander,
peuples et gouvernants, si nous avons fait ce qu’il fallait contre ce
danger qui nous menace ? Avons-nous été à la hauteur des évènements ? Ou
ne serions-nous capables que de répéter des discours creux et inutiles
tandis que le gouvernement extrémiste Netanyahu-Barak-Lieberman achève
sous nos yeux, en gros et en détails, les plans fixés par le mouvement
sioniste ?

Israël se comporte aujourd’hui comme l’Etat du
peuple juif au plein sens du terme et continue à réprimer les
Palestiniens de l’intérieur par une légalisation du racisme. Or, le
racisme ne peut en aucune manière être accepté et doit être combattu,
mais comment ? Les Palestiniens peuvent-ils tous seuls affronter et
défaire cette montée du racisme ? Non, bien entendu. Par ailleurs,
compte tenu du silence international, notamment arabe, face à son
racisme institué, Israël a relevé le plafond de ses revendications et
réclame au monde entier de le reconnaître en tant qu’Etat des juifs
seulement, en d’autres termes, en tant qu’Etat purifié des Arabes.
Cette reconnaissance serait en fait encore plus dangereuse que la
Déclaration de Balfour, par laquelle celui qui ne détenait aucun titre
de propriété [sur la terre de Palestine] en avait disposé au profit de
celui qui n’y avait aucun droit. Une telle
reconnaissance aboutirait à enterrer le droit au retour et à
transformer un million et demi de Palestiniens de l’intérieur en
otages et en monnaie d’échange dans les négociations. Car les
responsables de l’Etat hébreu, de Livni à Netanyahu, en passant par
Barak et Lieberman déclarent haut et fort que le futur Etat
palestinien sera le foyer national des Palestiniens, y compris des
Palestiniens des territoires occupés en 48.

Voir en ligne : En version originale (arabe)