Précisions de l’UOIF sur "le Niqab"

mercredi 1er juillet 2009

Les débats et les informations jonchés et tronqués sur l’islam et les musulmans suscités par la question de Niqab et le déferlement de qualificatifs inexacts de certains commentateurs, politiques ou autres laissent les musulmans de France perplexes quant à une issue sereine de ces débats ; ils craignent être la cible d’une stigmatisation farouche et d’une exclusion plus accentuée.

Pour plus de sérénité dans les débats et pour éviter les jugements expéditifs sur des questions religieuses, l’UOIF tient à donner certaines précisions sur le sujet.

Signification du mot Niqab :

Le mot Niqab, souvent traduit par des termes tels que voile intégral ou « burqa »…, désigne plutôt un voile couvrant la face (visage). La traduction la plus proche du mot Niqab serait donc voile facial.

Le débat sur le niqab est ancien :

Le port du voile facial n’est pas une nouveauté dans la jurisprudence musulmane. Il n’est donc pas nécessairement lié au contexte politique actuel. Et les jugements expéditifs le considérant comme une quelconque défiance à la société laïque doivent être tempérés.

Le port du voile facial a été, depuis toujours, pratiqué par certaines femmes musulmanes comme prolongement du voile islamique (Hijab) et par une sensibilité qui leur est propre de pudeur et de préservation de leur chasteté.

Les avis des jurisconsultes musulmans :

Depuis toujours les avis des jurisconsultes musulmans, anciens et nouveaux, étaient très diversifiés sur la question du Niqab.

Leur avis sur le Hijab (voile islamique) ne couvrant pas le visage
Puisque le Niqab est considéré comme un prolongement du voile islamique, il est à remarquer que le port de ce dernier (voile islamique) est une prescription religieuse qui fait l’unanimité de toutes les écoles juridiques. Il n’y a aucune divergence entre les avis des jurisconsultes sur cette la question du voile islamique.

Les avis sur le Niqab (voile facial)

Se basant sur un hadith (parole) du prophète Mohammad (PSL), un très grand nombre de jurisconsultes conclue que le visage et les mains ne sont pas parmi les parties du corps à couvrir obligatoirement, et considère par conséquent que le port du voile facial n’est pas une obligation. En effet, le messager de Dieu (PSL) dît à Asma fille de Aboubakr que Dieu les agrée : "O Asma, quand une femme atteint l’âge de la puberté, il n’est pas convenable qu’elle montre les parties de son corps excepté pour cela et cela. (Il pointa le visage et les mains)."

Cependant certains jurisconsultes considèrent que le port du voile facial est une prescription religieuse. D’autres sont d’avis que le port de ce voile facial est un acte méritoire. D’autres encore pensent que cet acte méritoire est à observer selon les circonstances vécues.

Il est entendu que l’UOIF opte pour la position qui fait l’unanimité c’est-à-dire pour le voile islamique (Hijab).

Fidèle à sa ligne de conduite, l’UOIF ne se donne pas le droit de dissimuler les autres avis et considère que c’est de la liberté de chacune de choisir l’habit et l’avis qu’elle veut, pourvu qu’elle l’ait fait librement, sans aucune contrainte et que son choix soit réfléchi et librement assumé.

L’UOIF considère aussi que, concernant les affaires cultuelles, c’est à chaque religion de déterminer les mécanismes et les procédés pour établir l’ensemble de choix et définir les orientations d’adoration pour ses fidèles.

L’Union des Organisations Islamiques de France

La Courneuve, le 27 juin 2009

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